La quête de l’efficacité, la voie du guerrier…

ninja3Chères Pratiquantes, chers pratiquants, lecteurs assidus, badauds…
Permettez à votre serviteur d’exprimer ici ce qu’il pense de l’efficacité réelle et fantasmée des arts martiaux.

Dans un précédent article, je m’interrogeai en ces termes,

Pourquoi un art martial?

La pratique d’une activité physique permet indéniablement de rééquilibrer l’individu dans ses composantes physiques et psychiques.
L’art martial permet en outre au pratiquant, de reprendre confiance en soi en toute situation. Aussi bien en environnement professionnel, que privé.
C’est aussi le goût du dépassement de soi, lutte acharnée contre soi même.

Efficacité?

Méfiance, les mots et les notions les plus évidentes sont souvent les plus ambiguës à définir, à comprendre…
Arrêtons un instant sur la définition de l’efficacité:

L’efficacité qualifie la capacité d’une personne, d’un groupe ou d’un système de parvenir à ses fins, à ses objectifs (ou à ceux qu’on lui a fixés).
Être efficace revient à produire à l’échéance prévue les résultats escomptés et réaliser des objectifs fixés.
Objectifs qui peuvent être définis en termes de quantité, de qualité, de rapidité, de coûts, de rentabilité, etc.

Au travers de cette définition, il apparait que l’efficacité est dépendante d’un objectif. Parler d’efficacité sans en définir les limites, sans en définir les buts est à proscrire.
Par analogie, dans le domaine automobile, telle marque vantera la faible consommation de son modèle, une autre la modularité de son espace intérieur. Chaque marque aura pour argument que ces particularités efficaces sont les produit idéal sous certaines contraintes (couts, espaces, consommation…).
Cette analogie peut prêter a sourire mais tout bien réfléchi ne sommes pas toujours en train de nous comparer? De comparer les uns et les autres?

Que peut bien signifier l’efficacité martiale?

La plupart des clubs, associations et fédérations d’arts martiaux / sport de combat mettent en avant l’efficacité de leurs discipline sans préciser justement des critères objectifs permettant de quantifier ces résultats.
D’aucuns indiqueront que tel professeur enseigne sa discipline aux forces de l’ordre, d’autres que cette discipline est droite lignée depuis telle famille de Samouraïs…
Inutile de forcer sur les exemples, vous voyez certainement où je souhaite en venir.

Pour ma première discipline martiale, je recherchais avant tout une activité sportive sérieuse,un ambiance sympathique me trainant hors de chez moi les soirs.
Il s’avère que c’est exactement ce que j’ai obtenu, et bizarrement, c’est de loin ma discipline préférée.
Je prends toujours énormément de plaisir à pratiquer et à enseigner.
Mon objectif défini, j’ai pu comparer chaque club et discipline selon des critères précis. De la sorte j’ai écarté les disciplines non satisfaisantes, des disciplines efficaces.
Par la suite j’ai recherché un perfectionnement en poings, j’ai dans un premier tri éliminé dans un premier temps les disciplines ne se focalisant pas sur mes critères.

Après avoir abordé l’efficacité avec subjectivité à travers le prisme de ma sensibilité personnelle, revenons à la prétendue efficacité promise par les clubs d’arts martiaux.

Discipline efficace? Pratiquant efficace?

Tout comme il existe différentes méthodologies pour enseigner, parfois même aucune méthodologie, il est utile de préciser que chaque apprentissage, chaque acquisition s’effectuera au travers du vécu de chacun, au travers des capacités et de ses propres sensibilités.
Prétendre tout haut qu’une discipline est efficace revient, selon moi, à considérer tous les pratiquants au même niveau:

  • Même niveau physique,
  • même niveau de compréhension et d’apprentissage,
  • même envie,
  • même passif.

Soit, supposons que l’instructeur du club parvienne à ce miracle, pourrions nous pour autant prétendre que toutes les situations à venir, que tous les adversaires soient identiques?
Seront ils tous aussi énervés? Tous aussi forts? Tous en forme? Seront ils des robots programmés?
Autrement dit, une discipline est parfois efficace, parfois pas assez?
Comment expliquer cette variation? Nous y reviendrons un peu plus bas.

Prétendre une discipline plus efficace, meilleure qu’une autre !

Tordons tout de suite le cou à cette rumeur, à cette contre vérité:

L’efficacité ne se fait pas au niveau de la discipline mais du pratiquant !
Une discipline n’est pas efficace, mais le pratiquant oui.

Techniquement, une discipline ne s’exprime, ne se transmet et n’existe qu’à travers l’individu.
Autrement elle resterait éternellement consignée dans un livre, dans un rouleau, dans un parchemin.
Comme nous l’avons vu plus haut, l’efficacité est tributaire des talents de l’individu.

Le contenu à travers le contenant!

Quelle efficacité rechercher?

Comme nous l’avons vu, seul l’individu est efficace dans une discipline, c’est lui qui permettra à l’art de mieux s’exprimer.
J’affirme que toutes les disciplines se valent en termes d’efficacités.
L’allemand ne saurait être plus difficile que l’anglais avec un bon professeur! Si tant est que l’on ne soit pas hermétique aux sonorités.

Je dirais même plus, les arts martiaux sont inefficaces tant que les critères d’évaluation et des objectifs n’auront été définis.
Une fois ces critères établis, l’individu se doit pour progresser de satisfaire ses objectifs.
Répéter, s’entrainer, persévérer, s’améliorer, voici la condition de l’efficacité personnelle!